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LES 7 MERVEILLES

Le village de Saint-Cirq-Lapopie

Saint Cirq Lapopie est né entre le IXe et le XI siècle. Trois familles seigneuriales se partageaient alors le village : les Lapopie, les Gourdon et les Cardaillac. Elles ont érigé des châteaux et maisons fortes qui surplombaient le reste du village, fait de ruelles étroites et pentues qui font encore aujourd’hui le charme de ce village classé. Pendant le Moyen-Age, ces ruelles foisonnaient d’échoppes d’artisans, des chaudronniers aux spécialistes des peaux en passant par les fameux roubinetaïres (tourneurs sur bois fabricant des robinets de barrique) qui furent longtemps la spécialité du village.

Au fil du temps, des gabariers se sont installés à Saint Cirq Lapopie et dans ces environs, construisant écluses, moulins à eau, barrages, ports et chemin de halage. Aujourd’hui, les artisans et l’activité batelière sont toujours présents, les artisans produisent pour les curieux qui viennent visiter le village et les bateliers leur font revivre l’époque glorieuse des gabariers du Lot. Se sont ajoutés à eux de nombreux artistes qui ont ouvert galeries et musées pour le plus grand bonheur des visiteurs.

Le chemin de halage de Bouziès

Le chemin de halage de Bouziès est situé entre le port fluvial du village et la halte nautique de Saint Cirq Lapopie. Partez pour une balade de 4,5 km en aller simple. Le chant des oiseaux, la quiétude de la rivière et les panoramas de la vallée du Lot sont au rendez-vous. Et quelques surprises savoureuses comme le moulin d’Aulanac, l’écluse manuelle de Ganil et surtout le tronçon du chemin creusé à-même la falaise.

Imaginez donc un quasi-tunnel de 400m de long et 2m de haut donnant directement sur la rivière, unique au monde ! Quel courage a-t-il fallu aux ouvriers de l’époque (1843 à 1846)  pour creuser cette roche. Il s’agissait de pouvoir tracter les bateaux pour les faire remonter la rivière. Au cœur de cette partie de chemin de halage taillé dans le roc se trouvent des formes sculptées. Chacun verra et touchera dans ce bas-relief ce que son imagination lui inspire mais à l’origine, Daniel Monnier y représentait la rivière Lot (poissons, oiseaux, eau…). De quoi laisser des souvenirs dans les mémoires des petits et des grands.

L’écluse manuelle de Ganil

La rivière Lot a une singularité : des écluses manuelles. En effet, si la plupart des cours d’eau de France fonctionnent de manière automatique, le Lot reste avec un éclusage manuel comme l’avait dessiné Léonard de Vinci, inventeur de ce système de sassement, révolutionnaire pour la batellerie de l’époque. Chaque bateau doit donc tourner les manivelles pour passer les écluses.

L’écluse de Ganil a la chance d’avoir un éclusier pendant la haute saison qui régule le trafic et facilite le passage des bateaux. Il répète les gestes des éclusiers d’antan, fonctionnaires d’Etat, et offre ainsi aux passants une plongée dans l’Histoire du Lot. Ce balai d’ouverture et de fermeture des portes et des vantelles a quelque chose d’intriguant.

Située sur le chemin de halage qui lie Bouziès à Saint Cirq Lapopie, l’écluse manuelle de Ganil offre un point de vue sur la rivière et sur les falaises tout à fait exceptionnel.

Les falaises

Ces falaises impressionnent tous ceux qui croisent leur chemin. Situées sur une bonne partie de la vallée du Lot, elles atteignent jusqu’à 70 mètres. La rivière a creusé son lit dans cet environnement calcaire depuis des siècles, les lignes horizontales étant des couches de sédiments qui se sont superposées au fil des années.

Les populations de toutes époques ont toujours eu des difficultés à dompter ce patrimoine naturel. Beaucoup ont essayé de s’en servir pour se protéger à l’intérieur (grottes comme celles du Pech-Merle, fortifications comme le château des Anglais), pour s’installer au-dessus afin de dominer les environs (village perché de Saint Cirq Lapopie) ou encore les déformer pour créer des voies de passages (chemin de halage taillé dans la roche).

Les teintes blanche et ocre des falaises de Bouziès sont sublimées par le soleil et sa luminosité qui l’atteint de manière directe mais également par réverbération grâce à la rivière. C’est un spectacle extraordinaire qu’offrent ces murs de calcaire dont on peine à voir la fin lorsqu’on se place juste à côté. Que l’on se sent petit, tout petit !

L’ancien port de commerce

Situé au pied du village de Saint Cirq Lapopie, l’ancien port de commerce est composé d’une écluse, de quais de débarquement avec leur arche d’entrée et d’un moulin à eau. Le trait d’union était très fort à l’époque des gabariers entre le haut du village qui fabriquait les marchandises artisanales et le bas qui les transportait.

Le moulin à eau d’Aulanac fut bâti au XIVe siècle et a été conservé par les familles seigneuriales du village. Sa particularité sont ses gouvernails qui actionnent les vannes, sans doute une récupération des gabares de l’époque. En effet, les meuniers de l’époque étaient souvent gabariers également, cumulant ainsi plusieurs métiers pour vivre.

On imagine que ça grouillait de monde ici, les bateliers qui chargeaient les gabares, les artisans qui descendaient leurs marchandises, les conducteurs d’animaux qui préparaient les halages, les charpentiers qui réparaient les gabares, le meunier à son moulin, l’éclusier à son écluse, les paysans donnant le coup de main, une vraie ruche !

Le Château des Anglais

Le Château des Anglais de Bouziès est une fortification dans la falaise. De « Château » il n’en a que la façade et a été baptisé « des Anglais » car probablement utilisé par eux durant la Guerre de Cent Ans. C’est une infrastructure militaire construite au XIème pour surveiller la rivière. Une passerelle en bois disposée sur la falaise permettait aux militaires de patrouiller et la fortification principale leur servait de quartier général.

En plus de sa fonction de surveillance, le Château des Anglais servait de refuge aux villageois lors de crues ou d’attaques ennemies. Ces falaises environnantes sont de véritables gruyères qui ont servi d’abri aux hommes et aux animaux. Déjà à l’époque préhistorique dans les trous puis pendant les différentes guerres avec ces fortifications, et encore aujourd’hui pour les oiseaux. Des fortifications comme celle-ci, il en existe 7 dans les vallées du Lot et du Célé, la plus impressionnante étant à Cabrerets, le Château du Diable.

La chaussée de Ganil

La chaussée de Ganil offre un panorama exceptionnel sur une petite crique qui fait le charme de cette partie de la rivière Lot. Le terme chaussée indique, en langage fluvial, un barrage accompagné d’une chute d’eau. D’où l’expression des « ponts et chaussées », les services de l’Etat étant chargés à l’époque de l’entretien de ces constructions humaines. Cette crique de Ganil est un point naturel préservé que les amis de la nature apprécieront particulièrement.

Ces chaussées ne sont pas l’oeuvre de la nature mais bien des hommes de rivière. Les premiers d’entre eux étaient les meuniers qui ont construit ces barrages à « pierres perdues » c’est-à-dire en lançant dans la rivière des grosses pierres constituant ainsi une chute d’eau. Cet obstacle n’était pas du goût des bateliers qui étaient interrompus dans leur descente. Dire que les meuniers et les gabariers n’étaient pas les meilleurs amis est un euphémisme, les registres de l’époque rapportent de nombreuses bagarres dans les auberges du coin.

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